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Congrès IFOMPT Québec 2012: résumé de la conférence inaugurale de Gwendolen Jull



Où en sommes nous dans la prise en charge des troubles du rachis cervical?


http://www.ifomptconference.org
http://www.ifomptconference.org
Gwendolen Jull est professeur en physiothérapie et a une grande renommée internationale.
Elle est à la fois clinicienne, chercheuse et co-rédactrice en chef de "Manual Therapy", qui fait partie des journaux majeurs en Thérapie Manuelle Orthopédique.
Elle a à son actif quelques 200 publications (livres, articles...) et a été invitée pour plus de 40 présentations à travers le monde durant les 10 dernières années.
Elle travaille particulièrement sur le rachis cervical.

La cervicalgie est un problème répandu dans notre société moderne, et a un impact socio-économique important.
L'hétérogénéité dans la présentation des patients semble être une des explications aux résultats modestes des différents traitements conservateurs.
Sous-grouper les patients peut être une voie à prendre pour faire face à cette hétérogénéité. C'est le cas pour la lombalgie où des sous groupes spécifiques ont été identifiés et répondent mieux à un traitement spécifique.
Cependant le fait de sous grouper les lombalgies ne semble pas adéquat pour les troubles du rachis cervical.

Il y a plusieurs caractéristiques cliniques propres aux troubles du rachis cervical, et qui doivent être pris en considération si l'on veut sous-grouper les patients:

La douleur:
Elle peut avoir différents mécanismes:
-nociceptif
-neuropathique
-sensibilisation du système nerveux central

Les céphalées ou maux de tête:
Comme pour le rachis lombaire qui réfère dans les jambes, le rachis cervical réfère dans le bras mais aussi à la tête.
Cela se manifeste par des céphalées. Elle ne sont pas forcément d'origine cervicale, et lorsque elles ne le sont pas, elle peuvent tout de même être associées à des douleurs cervicales (c'est le cas dans 60% à 80% des migraines et des céphalées de tension).
Il existe différentes classifications pour les céphalées et le sous-groupage semble complexe.

Les vertiges, étourdissements, déséquilibres, troubles visuels:
Comme pour les céphalées, le sous-groupage est compliqué.
Il faut déterminer si ces symptômes ont une origine cervicale, vestibulaire, visuelle, ou vasculaire, tous ces systèmes ayant des connections entre eux.
Si les symptômes sont d'origine cervicale, cela implique des troubles kinesthésiques, oculo-moteur, et de l'équilibre. Il faudrait donc encore sous grouper les patients en fonction des troubles dominants.

L'altération du mouvement:
Elle peut se caractériser par une altération de la vitesse et de la qualité du mouvement et/ou par une restriction de mobilité.

Le système neuro-musculaire
La douleur entraîne une réorganisation dans le contrôle moteur. Cela peut impliquer à la fois les extenseurs et les fléchisseurs cervicaux, les muscles axio-scapulaires, et ce lors des mouvements cervicaux et des membres supérieurs.
Des dysfonctions dans le timing et le schéma d'activation des muscles, la force, l'endurance peuvent être impliquées. Elle ne sont pas toujours présentes et pas dans les mêmes proportions, ce qui rend encore une fois le sous-groupage difficile.

La posture, la méchano-sensitivité du tissu neural, le contexte psycho-social sont d'autres éléments à prendre en compte si l'on veut sous-grouper les patients.

Toutes ces composantes rendent donc le sous-groupage complexe et inefficace.


Au final, face à l'hétérogénéité des troubles du rachis cervical, le traitement devrait être individualisé et multimodal.
Chaque trouble du rachis cervical est unique et nécessite de prendre le patient dans sa composante bio-psycho-social et avec une approche et une évaluation basées sur un raisonnement clinique.

Vous pouvez retrouver le résumé original sur le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy (JOSPT) ici

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le congrès 2012 de l'IFOMPT à Québec ou sur l'IFOMPT




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